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Ce que le Covid va changer à l'équilibre des forces dans le monde

Mis à jour : 25 mai 2020

Sur le plan géopolitique, l'épidémie de coronavirus constitue un triple accélérateur de l'histoire, écrit Dominique Moïsi conseiller géopolitique de l'Institut Montaigne. Elle confirme la montée en puissance de l'Asie, l'affaiblissement de l'Amérique, et le renforcement de l'Allemagne en Europe.

Des grandes tendances qui préfigurent ce que sera le monde en 2030.


"Dans Good Bye Lénine, film allemand de 2003, un fils aimant faisait tout pour cacher à sa mère - sortie d'un long coma après un infarctus - la chute de la RDA et l'unification de l'Allemagne. Il s'agissait d'une projection feinte dans un passé récent.

La crise du coronavirus, à l'inverse, s'apparente à une projection bien réelle dans un futur proche : une accélération de l'histoire, confirmant des tendances lourdes déjà à l'œuvre.


Une crise aussi, qui, par sa gravité, nous pousse à aller à l'essentiel, collectivement et individuellement. Dans un peu plus de huit mois, lorsque nous célébrerons (dans quel état ?) le passage à la nouvelle année, serons-nous en 2021 ou déjà en 2030 ?


Sur le plan économique, le recul est incontestable. La plus grave crise que le monde ait connue depuis la Grande Dépression de 1929, nous a fait perdre au moins vingt ans. (...)


(...) Après avoir basculé dans l'économie numérique, et en particulier le télétravail, qui voudra revenir en arrière, comme si cette entrée dans le "monde d'après" n'avait été qu'une simple parenthèse ?

Le Covid-19 ne signe pas la fin de la mondialisation, mais sans doute d'une certaine pratique de la mondialisation. Qui voudra retourner au Forum de Davos et se mêler à cette foule, qui, dans sa densité, ne peut respecter les règles de distanciation sociale qui vont s'imposer à nous pour longtemps ?


(...) Et l'Europe ? Après un début incertain, elle a - largement portée par un trio de femmes, Angela Merkel, Ursula van der Leyen et Christine Lagarde - retrouvé des couleurs. Mais la crise du coronavirus a plus démontré la force de l'Allemagne que celle de l'Union. Pourquoi, avec une population plus nombreuse, la République fédérale a-t-elle enregistré cinq à sept fois moins de décès que les autres "grands" d'Europe ? Angela Merkel, que l'on disait "finie", jouit à nouveau, auprès de ses concitoyens, d'un niveau de confiance auquel nul autre dirigeant européen ne saurait prétendre.

Au-delà de ces grandes lignes - moins d'Amérique, plus d'Asie, plus d'Allemagne en Europe - qui préfigurent peut-être ce que sera le monde de 2030, il existe une série d'interrogations sans réponses. Le Covid est-il bon ou non pour les populismes ? Comment trouver le juste équilibre entre sécurité et liberté ? Comment, surtout, récréer de la cohésion sociale à partir d'une confiance retrouvée ?(...)"

Lire la suite sur le site de l'Institut Montaigne




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