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Sawa ou Ensemble, tout un programme

"Sawa" qui signifie "Ensemble" en arabe a revêtu un sens particulier lors de la révolution libanaise d'octobre 2019. Voulant faire fi des appartenances confessionnelles, des différences sociales, des clivages de générations, beaucoup sont descendus dans la rue, réclamant la démission de tout la classe politique et des élections libres, sans référence à la religion ou à un clan politique. La Covid19 et l'explosion du 4 août 2020 ont quelque peu refroidi ces ardeurs et l'inanité du pouvoir a eu raison des plus téméraires. Plus de 50% de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, la monnaie a été très fortement dévaluée et, pendant que les politiques s'accrochent à leur pouvoir et leur immunité, quelques beaux projets émergent et nous donnent un coup de booster.


La maison de la citoyenneté conçue par Maria Yared comprendra une bibliothèque, des bureaux, des lieux de réflexion, un café-restaurant, un espace hôtel ou encore des amphithéâtres inspirés de la disposition des groupes de discussion improvisés lors de la révolution du 17 octobre. © Carla Yared


Celui de Maria Yared (fille que j'affectionne particulièrement car enfant de ma meilleure meilleure amie Carla Yared) réalisé pour son Master d'architecture et qui réhabilite le mythique hôtel Saint-Georges en maison de la citoyenneté. Mon amie Chantal Eddé en a fait un très bel article dans l'Orient-le-jour, en en percevant sa sensibilité et son ambition. Soutenu fin septembre à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais, le projet de fin d’études de Maria Yared, intitulé « Sawa » lui a valu une mention très bien et les félicitations unanimes du jury. "Si le projet de fin d’études de Maria Yared, Sawa, a été applaudi lors de sa soutenance à l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais, fin septembre, c’est qu’il s’ancre bien dans la réalité sociopolitique du Liban d’aujourd’hui et que son concept architectural exprime une vision de la reconstruction de la citoyenneté. D’ailleurs, Sawa porte bien son nom. Car c’est « ensemble » que Maria Yared rêve le Liban de demain. À travers son regard d’architecte, elle a transformé l’emblématique hôtel Saint-Georges en maison de la citoyenneté. Un espace au cœur de Beyrouth dont la mission est de réunir tous les Libanais pour réfléchir, penser, débattre et agir, en dehors de toute considération politique et confessionnelle. Cette plateforme « permettrait enfin de passer du débat à l’action. C’est la maison d’un pays en reconstruction », souligne la jeune architecte."


"Le programme architectural, tel qu’elle le conçoit, s’articulerait autour de quatre axes : s’instruire, penser, débattre et agir, avec des actions organisées par un collectif de personnes dénuées de toute affiliation politique ou religieuse. Sous un thème différent chaque mois, ce collectif rassemblerait les différentes problématiques soulevées par les citoyens. Ces derniers se verraient proposer des conférences afin de débattre et de proposer des solutions publiées par une cellule du collectif Sawa. « L’objectif est de constituer un ensemble structuré de données rassemblant des propositions de lois ou des projets soumis par les Libanais. Par la suite, ce collectif tentera de faire appliquer ces solutions en contactant les personnes adéquates, que ce soit des entreprises privées, des ONG ou même les commissions parlementaires », estime Maria Yared. Avec son ambitieux projet de master, la jeune architecte souhaite transformer ce lieu de rassemblement et d’échange en « un vecteur de changement mené par les citoyens eux-mêmes »." OLJ / Par Chantal EDDÉ, le 03 décembre 2020



Autre projet autre initiative baptisée "Sawa Pop-Up" : "Elles sont six jeunes libanaises vivant entre Paris et Beyrouth avec des profils très variés et une envie commune : promouvoir le meilleur du Liban à travers son savoir-faire local. Après le 4 août, elles ont voulu, comme beaucoup d’autres au pays et ailleurs, contribuer à leur manière aux efforts de redressement. C’est ainsi qu’elles ont créé « Sawa Po-pUp », une ONG dont l’objectif est d’engager et de mobiliser la diaspora, essentiellement française, autour du Liban, à travers une approche positive fondée sur la richesse et la diversité de nos talents locaux." écrit Carla Henoud dans l'Orient-le-Jour du 1er décembre. Les créations ont été vendues comme des petits pains et le Sawa Pop Up littéralement dévalisé.


"Dans leur communication, Katia Achkar, Tatiana Akl, Loulwa Bohsali, Manon Fargelat el-Khoury, Talia Paboudjian et Camille Paboudjian, les énergies derrière ce projet, aiment à rappeler au monde ce qui fait notre identité : « Les Cèdres, bien sûr, mais aussi la gastronomie, une importante diaspora et surtout un savoir-faire artistique et artisanal extraordinaire, et une nouvelle génération qui réinterprète la tradition en y ajoutant une modernité et une nouvelle identité. » Premières victimes économiques collatérales du 4 août, la plupart de ces créateurs avaient installé leur vitrine ou leur atelier autour de Gemmayzé et la rue Pasteur. Aujourd’hui, les talents et écosystèmes qu’ils font travailler se trouvent dès lors en très grande difficulté. « Nous avons une double vocation, d’une part soutenir ces talents et promouvoir leurs créations, et d’autre part collecter des fonds en faveur d’ONG libanaises, et ce à travers l’organisation d’événements."

Bientôt, un site de commerce : www.sawapopup.org viendra compléter l'offre évenementielle.



Autre initiative, Musica Sawa, message d’amour de la diaspora et de la scène indépendante au Liban. Cornaqué par un groupe de Libanais installés entre le Liban et Paris, le festival virtuel a eu lieu en juin pour un mois au cours duquel un beau parterre d’artistes bigarrés, libanais et amis du Liban, ont proposé tous les jours des performances filmées (retransmises sur Instagram, Facebook et YouTube)*. OLJ / Par Gilles Khoury , le 19 juin 2020


De fait, rien que dans le quotidien l'Orient-Le-Jour, les projets de "Vivre ensemble" font flores. Cette notion prend d'autant plus d'importance que toutes les raisons sont ici réunies pour séparer les familles, les confessions, les générations... Ces quelques réalisations trompent le désespoir régnant sans pour autant nier la réalité morose ambiante mais permettent de créer avec la diaspora quelques liens solides d'entraide et de solidarité.


Une dernière pour la route, une chanson "Beirut Emmi", interprété par un collectif nouveau... en attendant d'être à nouveau tous ensemble...










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